La défroque italienne du roi Arthur

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in Colloque International «Fictions de vérité dans les réécritures européennes des romans de Chrétien de Troyes»

MAURIZIO VIRDIS

Academia Belgica (Rome), 28-30 avril 2010

*
Il est bien connu que la littérature italienne n’a pas fait beaucoup de place à Arthur, sa Table Ronde et ses chevaliers, ni au merveilleuxbreton en général. Et il est tout aussi sûr que la critique italienne a portépeu d’intérêt à cette production déjà réduite. Pourtant, nous savons pertinemment que la matière arthurienne a fleuri en Italie et qu’elle y rencontré du succès, mais cette production littéraire était affectée d’un péché, d’un seul: c’est de n’avoir pas produit de vrai chef-d’œuvre. Ce qui est, en même temps, le péché originel italien. Ce qui a un caractère populaire, et qui traverse plusieurs couches sociales n’est jugé pas digne de trop d’attention. Et tout ça se relie à une conception aristocratique de l’écriture littéraire, autant du côté de la production que du côté de la réception critique et académique. Une conception peut-être étroite de la littérature comprise comme un phénomène qui va à la rencontre de l’esthétique et du sublime, mais qui est, au contraire, bien plus complexe et large, et qui englobe l’imaginaire, l’idéologie, le divertissement, le savoir répandu et partagé, la morale et le sens commun : faits qui sont, souvent réunis dans un même donné ou une même production littéraire où l’on trouve bien y avoir, le cas échéant, même du sublime, ou de l’esthétique au sens le plus élevé. Il faut dire d’ailleurs que l’histoire et la société italiennes n’on jamais connu une féodalité répandue et forte comme en France, et qu’elles ne pouvaient donc produire une littérature chevaleresque, ni épique ni courtoise. Tout ça est bien connu, de même que le fait que l’essor de la production littéraire en Italie est amorcé par d’autres exigences et par d’autres influences, qui sont tout d’abord lyriques et thématisent le débat de l’amour et de la philosophie qui s’ensuit. C’est moins le roman courtois que la lyrique occitane, le Roman de la Rose, le De Amore d’André le Chapelain qui ont eu de l’influence sur la littérature italienne. Et cependant on sait bien que les contes de Bretagne ont joui d’un succès certain en Italie ; Mme Delcorno Branca nous a appris beaucoup à ce sujet1 ; et chacun se souvient bien de Paolo et Francesca

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On peut lire Daniela DELCORNO BRANCA, Tristano e Lancillotto in Italia : studi di Letteratura arturiana, Ravenna, Longo, 1999. Plus en particulier sur la Tavola Ritonda, très important l’étude, vraiment magistral, encore de Daniela DELCORNO BRANCA, I romanzi italiani di Tristano e la Tavola Ritonda, Firenze, Olschki, 1968.
Prèalable à chaque lecture de la matière arthurienne en Italie est, quoique âgé, Edmund G.
GARDNER, The arthurian Legend in italian Litterature, London, J. M. Dent & Sons ltd., New York, E. P. Dutton & Co. Inc., 1930. Sur la question des sources de la Tavola Ritonda, outre l’étude de Daniela Delcorno Branca sur la
Tavola Ritonda dessus cité, voir aussi Saverio GUIDA, «Sulle ‘fonti‘ della Tavola Ritonda», Umanità e Storiua. Studi in onore diAdelchi Attisani, Napoli, Giannini, 1971, pp. 129-155.

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